De Paripally (orphelinat) au doctorat, un récit de première main de l’aide apportée par Amma à ses disciples femmes.

Nous avons reçu le lettre suivant d’une brahmacharini de l’ashram d’Amma.

On a diagnostiqué un cancer à ma mère lorsque j’avais 3 ans. Mon père a du rester avec elle à l’hôpital. Mon frère et ma sœur ont été mis en internat. Comme j’étais très jeune à l’époque, on m’a confiée à des parents éloignés. Deux années de traitement médical n’ont pas pu sauver ma mère qui décéda quand j’avais 5 ans. Les gens qui m’hébergeaient n’ont pas voulu me dire la vérité. Le jour des funérailles, ils m’ont dit que ma mère rentrait à la maison. J’étais ravie. J’ignorais totalement que c’était seulement le cadavre de ma mère qui allait rentrer.

En voyant ma mère, j’ai été choquée de voir un visage défiguré par les rayons, une tête chauve et un corps inerte recouvert d’un tissu blanc décoré de fleurs. J’ai crié « Maman ! Maman ! Maman ! » plusieurs fois dans l’espoir de la réveiller, mais tous mes cris et mes prières n’y ont rien fait. Finalement de désespoir, je me suis jetée sur son cadavre. Quelqu’un m’a retirée de force et je me rappelle avoir assisté à la crémation en état de choc. Je fixais le feu, j’étais frappée de stupeur et je ne comprenais pas ce qui se passait. Les flammes du brasier se reflétaient dans mes yeux. Plus tard, j’ai compris que je gardais le feu dans mon cœur.

A partir du jour des funérailles de ma mère, ma vie a été remplie d’un profond chagrin.
Mon frère et ma sœur continuèrent à l’internat. Comme mon père faisait de longues journées pour arriver à joindre les deux bouts, j’ai continué à vivre dans ma famille éloignée qui ne me témoignait jamais ni amour ni considération. Ils me traitaient comme une enfant placée. Au lieu de m’appeler par mon nom, ils me lançaient : « Hé, toi ! » Je les voyais nourrir de leurs mains leurs enfants à eux, mais je n’y avais jamais droit. Je rêvais sans cesse d’une vraie famille qui m’aimait et s’occupait de moi. Mais ma réalité était bien différente. Étant donné l’intensité de ma souffrance psychique, j’étais incapable d’étudier correctement. Ma famille me battait pour m’inciter à travailler, et me réveillait souvent en me jetant de l’eau en pleine nuit, exigeant que je me remette au travail. A l’école, les enfants me demandaient toujours pourquoi j’avais le corps couvert d’hématomes.

Au fil des années, les cauchemars terribles et les souvenirs choquants qui hantaient mes nuits sans sommeil m’ont progressivement rendue épileptique. Quand j’allais au temple, je n’avais qu’une seule prière : « Dieu, tu m’as enlevé ma mère. S’il te plaît rends-la moi. » Je répétais cette prière comme un mantra. Je continuais à souffrir intensément, mais j’ai commencé à sentir à mes côtés, une sorte de présence inconnue qui me consolait et veillait sur moi. J’ignorais alors que la vie allait bientôt réaliser mon rêve.

En 1988, à l’âge de 12 ans, on m’a emmenée à Amritapuri pour recevoir le darshan d’Amma. C’est à cette occasion que je rencontrai ma véritable mère. Après avoir tant souffert et subi tant de mauvais traitements dans ma famille, ma rencontre avec Amma a marqué un tournant dans ma vie. Amma est la première personne dont je me rappelle qui m’ait jamais appelée : « ma fille chérie. » Elle ma donné à manger de ses mains et m’a inondé d’amour comme personne ne l’avait jamais fait auparavant.

Meera's Darshan with Amma

Le darshan de Meera: « Ma rencontre avec Amma a marqué un tournant dans ma vie. »

Amma m’a prise sous son aile et en 1990, je suis arrivée à l’orphelinat Amrita Niketan d’Amma à Paripally où j’ai poursuivi mes études jusqu’en seconde.

Quand j’ai quitté l’orphelinat en 1993, Amma m’a accueillie à l’ashram et j’ai tout de suite travaillé comme bénévole à la cuisine. Le travail était dur, mai j’étais totalement ravie. A vrai dire, après la seconde, je n’avais plus aucune envie de continuer l’école. Mais Amma m’a encouragée à poursuivre. A cause des tragédies que j’avais vécues, j’avais du mal à me concentrer sur mes études. Au lieu de me forcer et de me gronder comme les gens de ma famille, Amma m’a encouragée à ne pas abandonner, à être forte et à faire de mon mieux. De plus à l’ashram, j’avais comme une grande famille. Mes sœurs de l’ashram m’aidaient patiemment à progresser à l’école.

Meera jeune : « Le soutien d'Amma m'a aidée à réussir. »

Meera jeune : « Le soutien d’Amma m’a aidée à réussir. »

Chaque jour, je prenais le bus pour aller de l’ashram au lycée. A l’époque j’avais peur de faire même de petits trajets seule. Avec amour, Amma me prodiguait des conseils. Elle m’a protégée et donné la force de me sentir capable de voyager seule. A la fin du lycée, encouragée par Amma, j’ai continué mes études supérieures et obtenu plusieurs diplômes parmi lesquels une licence et un master en Art, une licence en Sciences de l’éducation et un master en Philosophie. Quand j’habitais dans ma famille, j’étais toujours dernière en classe. Grâce à l’amour et aux soins prodigués par Amma et ma famille à l’ashram, j’ai pu obtenir des notes excellentes tout au long de mes études supérieures. Le soutien d’Amma m’a aidée à réussir.

En 2002, j’ai commencé à aider au secrétariat et à enseigner le sanskrit à l’orphelinat et à l’école où j’avais été autrefois. On y dispense un enseignement solide : des cours généraux plus des cours de danse, musique, sanskrit, yoga, informatique, sport, théâtre. A Amrita Niketam, la moitié des élèves sont des filles. Après avoir réussi l’examen de fin d’études secondaires, la plupart des élèves poursuivent des études supérieures et intègrent des écoles d’ingénieurs, de médecine, de commerce ou d’infirmières.

Quand je suis arrivée à l’ashram, Amma ne s’est pas contentée de m’encourager à étudier, elle m’a également proposé d’arranger mon mariage. Tout comme une mère biologique, elle voulait prendre en charge tous les aspects – même financiers – de la cérémonie. Elle m’a dit qu’elle me trouverait un homme gentil et qu’elle me fournirait un beau sari de mariage et des bijoux. Elle m’a offert tout cela parce que je n’étais pas venue à l’ashram pour des raisons spirituelles mais à cause des problèmes rencontrés dans ma famille.

Quand Amma m’a offert d’arranger mon mariage, j’ai commencé à réfléchir à mon avenir et à ce que je voulais faire de ma vie. Avant, je n’avais jamais vraiment envisagé ce genre de choses. Ayant expérimenté par moi-même l’amour et la compassion d’Amma, la seule chose que je pouvais dire, c’était qu’avant Amma, je n’avais jamais eu personne comme elle. Elle était la première personne à m’avoir véritablement témoigné de l’amour. Je me sentais comblée par son amour et sa bonté. J’ai donc décidé que tout ce que je voulais, c’était me mettre au service des autres, comme Amma.

En ce moment je suis professeur de sanskrit à l’Université Amrita. En même temps, je prépare un doctorat en Lettres. Je rédige une thèse sur l’action d’Amma en faveur de l’autonomisation des femmes. Pour l’instant j’ai rédigé 12 articles sur différents aspects de ce sujet. Je les ai présentés à de prestigieuses universités partout en Inde : à la « Christ University » de Bangalore, au « Catholic College » au Kerala et à l’université de Delhi etc. Je m’y suis rendue en train ou en avion et j’ai voyagé seule. Pendant ces voyages, je me suis souvent demandé si j’étais bien celle qui redoutait de prendre le bus, même pour faire de petits trajets. Au Kérala, les jeunes filles sont souvent timides et parlent tout bas. Ayant rencontré de graves problèmes dans mon enfance, je souffrais pas seulement de timidité, je n’avais pas confiance en moi. C’est Amma qui m’a rendue complètement autonome et qui a fait de moi la femme forte et sûre d’elle que je suis aujourd’hui.

Dr. P. Vijay Bhatkar, éminent savant indien et pionnier en sciences de l'informatique apprécie l'article de Meera.

Dr. P. Vijay Bhatkar, éminent savant indien et pionnier en sciences de l’informatique apprécie l’article de Meera.

Je suis en train de préparer ma présentation finale pour la soutenance de ma thèse. Je veux que mes études reflètent mon parcours de vie et la transformation qu’Amma a inspirée en moi. Je veux témoigner ma gratitude à Amma pour m’avoir aidée à réussir. Les larmes de douleur et de tristesse que je versais autrefois sont devenues des larmes de gratitude et d’amour. Ma vie est la preuve qu’Amma est le meilleur défenseur de l’autonomisation des femmes.

Bri Meera S.R., Maître Assistant en sanskrit et en sciences de l’éducation à l’Ecole des Arts et des Sciences d’Amrita Vishwa Vidyapeetham

Discours de Meera à la conférence internationale intitulée « Célébration des femmes en informatique » qui s’est tenue à Ettimadai en 2010

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